La légende des Amoureux

 

Elle raconte l'histoire de Rabeniomby et Ravolahanta, qui, comme Tristan et Iseult ou comme Roméo et Juliette, vivaient un grand amour impossible et allèrent jusqu'à en mourir.

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"Lorsque deux êtres s'aiment très fort,

plus rien ne peut plus les séparer, ni même la mort."

Du temps de la royauté, vivaient dans le petit village de Tritriva les familles de Ravolahanta et de Rabeniomby. La première en était une de nobles et possédait beaucoup de terres et richesses. La seconde, par contre, était une famille de pauvres fermiers et ne possédait qu'un maigre troupeau de zébus que leur fils bienaimé Rabeniomby accompagnait tous les jours dans la prairie.

Un jour à l'âge de leur dix-huit ans, les deux jeunes gens tombèrent amoureux l'un de l'autre. Si amoureux qu'ils projetèrent de se marier ! Lorsque Rabeniomby vint demander la main de Ravolahanta, il n'essuya qu'un refus. Ne pouvant continuer leur amour dans la vie, les deux amants ne trouvèrent d'autre issue que la mort et décidèrent de se noyer attachés l'un à l'autre dans le profond lac de Tritriva.

Ils choisirent le bord le plus relevé du lac qui ressemblait à une haute falaise de roc pour sauter et, pour ce faire, ils utilisèrent le long lamba blanc de Ravolahanta pour s'attacher l'un à l'autre jusque dans les profondeurs de l'éternité. On ne revit plus jamais leurs corps.

Mais peu de mois après, les habitants du village virent deux arbrisseaux pousser dans le flanc stérile de la même falaise d'où ils avaient sauté. A leur grande stupéfaction, les deux abrisseaux étaient repliés l'un sur l'autre et leurs branches ressemblaient étrangement aux bras de deux amoureux qui s'entrelaçaient l'un à l'autre dans une embrassade sans fin.

C'est ainsi qu'est née cette fameuse légende, la Légende des Amoureux. Vous savez maintenant que

Lorsque deux êtres s'aiment très fort,

plus rien ne peut plus les séparer, ni même la mort.

Les villageois continuent de raconter jusqu'à aujoud'hui que de la sève rouge comme le sang coulait des petites branches du double abrisseau dès qu'on en cassait une. Celui ou celle qui n'y croyait pas risquait de connaître le sort de la mort.